Accompagnements chez l’enfant et l’adolescent
Résumé de la page
- Les recommandations de la HAS (2024) encadrent les interventions chez l’enfant qui reçoit un diagnostic de TDAH.
- La prise en charge du TDAH est globale et personnalisée : elle combine, selon les besoins, des approches éducatives, psychologiques et médicamenteuses, en fonction de la sévérité du trouble et des objectifs de l’enfant et de sa famille.
Interventions psychosociales et éducatives
Interventions centrées sur l’environnement familial
Psychoéducation
La psychoéducation est destinée à la fois à l’enfant présentant un TDAH et à ses parents.
Elle consiste à délivrer des informations sur le TDAH, ses symptômes, ses facteurs de risques et ses impacts.
Elle doit être réalisée par des professionnels formés au TDAH et exerçant dans le champ de la santé. Elle peut se dérouler individuellement ou en groupe, en présentiel ou en visioconférence.
Programmes d’Entrainement aux Habilités Parentales
Les Programmes d’Entraînement aux Habiletés Parentales (PEHP) sont des modules destinés aux parents d’enfant présentant un TDAH afin de les aider à adapter leurs stratégies éducatives au diagnostic de leur enfant.
Ces programmes doivent être conduits par des professionnels formés au TDAH et à l’animation de ces groupes.
Ils sont idéalement proposés en format collectif, afin de favoriser les échanges entre familles et le soutien social. Toutefois, les PEHP peuvent aussi être réalisés en individuel. Ils peuvent se dérouler en présentiel ou à distance.
Éducation Thérapeutique du Patient (ETP)
L’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP) consiste à enseigner à la personne concernée et à ses proches des stratégies d’adaptation pour mieux gérer les difficultés liées aux symptômes du TDAH.
Elle permet d’apprendre des techniques pour :
- Améliorer l’organisation du quotidien (ex : mise en place de routines, rangement de la chambre, gestion de ses affaires, etc.),
- Développer des stratégies de régulation émotionnelle,
- Utiliser les écrans de manière raisonnée et sécurisée,
- etc.
Aménagements scolaires
Le TDAH a souvent un retentissement important dans le contexte scolaire. Si tel est le cas, il est recommandé de mettre en place des aménagements adaptés aux besoins spécifiques de l’enfant ayant reçu un diagnostic de TDAH.
Les Thérapies Cognitives, Comportementales et Émotionnelles (TCCE)
Les Thérapies Cognitives, Comportementales et Émotionnelles (TCCE) constituent une évolution des Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC).
Elles englobent différentes approches telles que la résolution de problèmes, l’entraînement à la régulation émotionnelle, le développement des compétences sociales, la gestion des comportements ainsi que la remédiation métacognitive.
Ces thérapies peuvent être proposées aux enfants présentant un TDAH afin de réduire l’impact du trouble sur leur fonctionnement quotidien.
Habitudes de vie
Bien qu’elle ne soit pas spécifique au TDAH, la Haute Autorité de Santé recommande la pratique régulière d’une activité physique, à raison d’au moins 30 minutes d’exercice soutenu, trois fois par semaine.
Au-delà de permettre à l’enfant de se dépenser, l’activité physique a également des effets positifs sur le cerveau, notamment en améliorant les capacités cognitives.
Il est également recommandé d’être vigilant à l’équilibre alimentaire de l’enfant.
Traitements médicamenteux
En complément des interventions psychosociales et éducatives, le professionnel médical qui suit votre enfant peut décider d’initier un traitement médicamenteux. L’initiation de celui-ci n’est pas automatique ; elle peut être contre-indiquée en présence de certains troubles associés.
Le traitement médicamenteux de référence pour le TDAH chez un enfant est le méthylphénidate. Il s’agit d’un psychostimulant. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas une amphétamine.
En France, cette molécule est disponible sous différentes formes (libération immédiate ou libération prolongée) commercialisées sous les noms suivants : Ritaline®, Concerta®, Quasym®, Medikinet®.
- Télécharger le mémo de l’Assurance Maladie – pdf, 872 ko
- Télécharger la fiche pratique sur les psychostimulants – pdf, 73 ko
Très récemment, deux autres molécules appartenant à la famille des amphétamine, ont reçues une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le TDAH chez les 6-18 ans : la Lisdexamfétamine et la Dexamfétamine. Ces deux médicaments ne pourront être prescrits qu’en deuxième intention : c’est à dire, lorsque la réponse à un traitement par le méthylphénidate est jugée cliniquement insuffisante.
Lorsque les psychostimulants sont contre-indiqués, inefficaces ou mal tolérés, il est possible de recourir, en deuxième intention, à des traitements non psychostimulants. Parmi les molécules pouvant être utilisées figurent notamment :
- la clonidine, commercialisé sous le nom de Catapressan® mais qui n’est pas remboursé à date,
- l’atomoxétine, dont l’accès est aujourd’hui particulièrement difficile en France à la suite de l’arrêt de la production et de la commercialisation de Strattera®, décidé par le laboratoire fin 2024.
La guanfacine , molécule non-psychostimulante, constitue également une option thérapeutique reconnue au niveau européen. Cette molécule dispose d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne depuis 2015. Elle est commercialisée dans plusieurs pays européens sous le nom Intuniv® et, depuis 2025, également sous le nom Paxneury®. Bien qu’aucun médicament à base de guanfacine ne soit actuellement commercialisé en France, l’existence de ces spécialités européennes pourrait ouvrir la voie à une future disponibilité sur le territoire français.
- Télécharger le schéma d’intervention médicamenteuse de la HAS – pdf, 161 ko
- Lire l’article Voyager à l’étranger avec ses médicaments – HyperSupers
- Télécharger la fiche pratique « comparaison des traitement médicamenteux du TDAH » (en cours)
Pour mettre en place un traitement médicamenteux qui ne relève pas d’une urgence vitale – comme tel est le cas avec le TDAH – la loi précise qu’il est nécessaire d’obtenir l’accord des deux parents exerçant l’autorité parentale. Si l’un des parents s’oppose au traitement et l’informe le médecin, ce dernier ne peut pas le prescrire. En cas de désaccord persistant entre les parents, il est possible de saisir le juge aux affaires familiales, qui décidera de la marche à suivre concernant la santé de l’enfant.
Accompagnements non recommandés
Les Recommandations de Bonnes Pratiques Professionnelles (RBPP) « Trouble du neurodéveloppement / TDAH : Diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents« , publiées par la Haute Autorité de Santé en 2024, détaillent les interventions souvent citées par la presse, les réseaux sociaux et le grand public, qui ne sont pas recommandées dans le traitement spécifique du TDAH :
- Neurofeedback
- Entraînement cognitif
- Programmes basés sur la pleine conscience (qui peuvent avoir un impact sur la régulation émotionnelle mais pas sur les fonctions exécutives)
- Thérapie psychanalytique
- Kinésiologie
- Ostéopathie
- Acupuncture
- Régimes d’évictions alimentaires spécifiques
À date, il n’existe pas de preuve scientifique suffisante pour démontrer l’efficacité de ces thérapies pour traiter un TDAH chez un enfant ou un adolescent.
Transition vers l’âge adulte
Le TDAH persiste le plus souvent à l’âge adulte. Il est donc essentiel d’assurer la continuité de l’accompagnement lors de cette transition.
Il est fortement conseillé de préparer cette étape charnière en amont, en anticipant le changement de professionnels de santé vers des spécialistes adaptés à l’âge adulte.
Article relu par le Pr. Olivier Bonnot, mis à jour le 11 mai 2026

Pour en savoir plus
- [Publication] HAS, 2024. Trouble du neurodéveloppement/ TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et des adolescents
- [Article web] Ameli, 2024. Le déficit de l’attention et/ou hyperactivité : quel traitement ?