Vie professionnelle
Selon le consensus international sur le TDAH, de la Fédération mondiale du TDAH : les personnes présentant un TDAH sont 40% plus susceptibles d’être au chômage et perdent en moyenne 22 jours de travail par an.
Résumé de la page
Cette page présente les principales répercussions du TDAH dans le monde professionnel, ainsi que des conseils pratiques et des dispositifs d’accompagnement permettant d’adapter l’environnement de travail et de sécuriser le parcours professionnel des personnes concernées.
Répercussions du TDAH dans le monde professionnel
Le TDAH peut s’accompagner de ressources et de qualités pouvant constituer de véritables atouts dans le monde professionnel. En particulier, les personnes concernées décrivent souvent une grande créativité, ainsi qu’une rapidité de travail pouvant favoriser une importante capacité de production. Certaines personnes rapportent également une aptitude à gérer plusieurs tâches simultanément, notamment dans des environnements dynamiques et stimulants.
Ces difficultés peuvent varier en intensité et dans leurs manifestations selon les personnes, les environnements de travail et les stratégies de compensation mises en place. Elles peuvent notamment concerner les domaines suivants :
Le TDAH s’accompagne souvent d’une fatigue importante, liée aux efforts constants de compensation, pouvant accentuer les difficultés professionnelles décrites précédemment.
Par ailleurs, le TDAH est fréquemment associé à d’autres troubles (anxiété, dépression, addictions, troubles du sommeil, etc.), susceptibles de majorer l’impact sur le fonctionnement au travail et d’augmenter le risque d’épuisement professionnel (burn-out).
Conseils pratiques pour faciliter le quotidien au travail
Des aménagements simples peuvent contribuer à limiter l’impact du TDAH au travail et à améliorer la concentration, l’organisation ainsi que le confort professionnel. Ces stratégies doivent être adaptées aux besoins de chacun et peuvent, si besoin, être travaillées avec des professionnels tels qu’un psychologue dans le cadre d’une TCC ou un ergothérapeute. En voici quelques exemples :
Aménager son environnement pour limiter les distractions :
- Préparer à l’avance l’ensemble du matériel nécessaire afin d’éviter les interruptions
- Désactiver les notifications (mails, téléphone) et définir des plages horaires dédiées à leur traitement
- Utiliser un support (carnet, outil numérique) pour noter les idées ou pensées intrusives et ainsi alléger la charge mentale
- Limiter les stimulations sonores (ex: espace de travail plus calme, casque antibruit, écouteurs avec de la musique)
- Limiter les stimulations visuelles (ex: bureau rangé, éclairage adapté avec lumière douce ou naturelle)
Prendre en compte le besoin de mouvement :
- Intégrer des pauses régulières (ex: se lever, se déplacer, s’hydrater…)
- Se positionner de manière stratégique afin de pouvoir se déplacer facilement si nécessaire (ex : s’assoir à proximité de la sortie lors des réunions)
- Utiliser des objets de stimulation (ex : fidget, hand spinner, balle sensorielle…)
Structurer son organisation :
- Utiliser une to-do list unique, organisée selon les priorités (ex: matrice d’Eisenhower)
- Décomposer les tâches en étapes courtes et concrètes
Demandes d’aménagements spécifiques et ouvertures de droits
Différents dispositifs peuvent être mobilisés afin de sécuriser le parcours professionnel des personnes présentant un TDAH.
La médecine du travail constitue un acteur central. Elle évalue l’aptitude au poste, propose, le cas échéant, des aménagements et peut orienter vers des solutions adaptées, telles que :
- l’adaptation du poste de travail,
- l’ajustement du temps de travail,
- l’orientation vers un accompagnement en évolution professionnelle,
- si nécessaire, évoquer la pertinence d’une reconversion professionnelle si les aménagements apparaissent impossibles.
Par ailleurs, une demande peut être déposée auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) afin d’obtenir une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH). Cette reconnaissance facilite l’accès à des dispositifs d’accompagnement et peut permettre une prise en charge partielle des coûts liés aux aménagements du poste de travail.
Les démarches auprès de la MDPH sont personnelles et confidentielles.
Une personne bénéficiant d’une RQTH n’est pas tenue d’en informer son employeur.
Ces différents dispositifs peuvent permettre la mise en place d’aménagements concrets, tel que :
- Possibilité dans certains cas de mise en place d’un temps partiel thérapeutique,
- Aménagement du temps de travail (ex: début de journée décalé),
- Recours sous certaines conditions à du télétravail (journées ou demi-journées),
- Adaptation de l’environnement de travail (ex: bureau individuel, aménagement des openspaces, utilisation d’un casque anti-bruit),
- Possibilité de congés de longue durée ou fractionnés, afin de faciliter l’accès aux soins,
- Accès à un dispositif d’emploi accompagné (job coach).
Enfin, différents organismes spécialisés peuvent être mobilisés pour accompagner la mise en œuvre de ces aménagements :
Article mis à jour le 2 juin 2026
Pour en savoir plus
- [Publication] Handicap.gouv, 2026. Emploi et neurodiversité : 80 recommandations pratiques pour aider les entreprises à recruter
- [Article scientifique] Jullian et al., 2024. Impact professionnel du Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) – ScienceDirect
- [Vidéo] HyperSupers, 2024. Webinaire TDAH & Travail : Comment ça fonctionne?
- [Publication] Fédération mondiale du TDAH, 2021. Déclaration de consensus international de la fédération mondiale du TDAH