Faire un diagnostic à l'âge adulte
Le CR-TDAH d’Île-de-France n’est pas au centre de diagnostic. Nous sommes une structure de ressources et de coordination. Merci de ne pas nous contacter pour obtenir un rendez-vous diagnostique : nous ne pouvons pas en fournir.
Cette page a pour but de vous aider à comprendre le parcours de soins.
Résumé de la page
- Le TDAH concerne 3% des adultes en France.
- Le diagnostic TDAH à l’âge adulte peut répondre à des besoins variés : mieux comprendre son fonctionnement, mettre du sens sur des difficultés rencontrées au quotidien, accéder à un accompagnement adapté.
- Le diagnostic du TDAH chez l’adulte repose sur une évaluation clinique globale, prenant en compte les symptômes actuels, leur impact au quotidien et leur présence depuis l’enfance.
Comprendre le TDAH à l’âge adulte
Chez l’adulte, le TDAH est encore souvent sous-diagnostiqué. Certaines personnes ont rencontré des difficultés importantes dès l’enfance, mais les professionnels étaient moins formés à ce diagnostic que maintenant.
Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement présent depuis l’enfance. Les signes sont les mêmes que chez l’enfant, excepté que moins de signes sont requis pour le diagnostic et que la présentation peut changer.
À l’âge adulte, on peut voir :
Critères Diagnostiques DSM-5
| A | Inattention 5 symptômes présents depuis au moins 6 mois – Inattention aux détails : fautes d’étourderies fréquentes. – Attention non soutenue : du mal à rester concentré. – Semble ne pas écouter : esprit ailleurs, même sans distraction. – Consignes non suivies : échec à terminer ses tâches. – Désorganisation : du mal à gérer le temps et les dossiers. – Évitement de l’effort : rejet des tâches mentalement lourdes. – Pertes d’objets : perd clés, documents, téléphones. – Distractibilité : facilement détourné par l’environnement. – Oublis : oublie les rendez-vous ou tâches quotidiennes. | Hyperactivité & Impulsivité 5 symptômes présents depuis au moins 6 mois – Agitation motrice : remue les mains/pieds, se tortille. – Siège quitté : se lève souvent dans des contextes assis. – Activités inappropriées : impatience. – Bruit : du mal à s’engager calmement dans les loisirs. – « Sur ressorts » : agit comme si un moteur l’entraînait. – Verbal : parle de façon excessive. – Impatience : répond avant la fin de la question. – Attente : très difficile d’attendre son tour. – Intrusion : interrompt ou envahit les activités d’autrui. |
| B | Précocité : Symptômes présents avant l’âge de 12 ans. | |
| C | Ubiquité : Présents dans au moins deux contextes (école, maison, travail). | |
| D | Impact : Altération sociale, académique ou professionnelle nette. | |
| E | Exclusivité : Non expliqué par un autre trouble. | |
À l’âge adulte, l’expression du trouble évolue. L’hyperactivité motrice, souvent visible dans l’enfance, tend à diminuer ou à se transformer en une agitation plus interne. Les difficultés liées aux fonctions exécutives peuvent rester très présentes, voire plus impactantes dans la vie quotidienne. Le retentissement peut alors devenir important à l’âge adulte, notamment lorsque les exigences (professionnelles, familiales) augmentent ou lorsque les stratégies de compensation ne suffisent plus.
Les adultes avec TDAH peuvent avoir des stratégies de compensation qui peuvent rendre les difficultés moins visibles, mais souvent au prix d’une fatigue importante, d’un stress chronique ou d’un sentiment d’échec.
Je me reconnais : que faire ?
Se reconnaître dans une liste de symptômes ne suffit pas à poser un diagnostic. Pour parler de trouble, l’impact sur votre vie quotidienne doit être significatif et durable.
Beaucoup d’autres troubles peuvent être à l’origine de signes qui ressemblent au TDAH mais ils peuvent également être associés au TDAH. La démarche diagnostique a pour objectif de savoir si ces potentiels troubles sont présents à la place ou en plus du TDAH.
Si vous présentez des signes cliniques ayant un retentissement dans votre vie, il est important de consulter un psychiatre qui pourra faire un premier point sur votre situation.
Le psychiatre peut vous proposer des questionnaires comme l’ASRS (Adult ADHD Self Report Scale) qui peut aider à identifier les signes, ou encore un bilan neuropsychologique pour évaluer vos fonctions cognitives. Mais ces tests ne sont ni nécessaires ni suffisants pour poser le diagnostic.
Seule l’identification médicale des signes du TDAH en nombre suffisant, de leur présence depuis la petite enfance, d’un retentissement dans plusieurs domaines de la vie de la personne, et de l’exclusion d’une autre cause expliquant mieux les signes observés permettent de poser un diagnostic.
Le médecin peut être amené à vous demander des comptes rendus de l’enfance, des bulletins scolaires ou à poser des questions à vos parents.
Histoire développementale
- Présence depuis l’enfance étayée par les comptes rendus, bulletins scolaire, entretien avec les parents…
Persistance des symptômes
- 5 symptômes sur 9 pour l’Inattention
- 5 symptômes sur 9 pour l’Hyperactivité/Impulsivité
Impact fonctionnel
- Retentissement sur la vie du sujet : travail, social, temps libre
Exclusion d’autres causes
- Exclusion d’autres troubles médicaux, neurologiques, psychologiques
Les diagnostics différentiels
Troubles du sommeil
Apnée du sommeil ; insomnie ; syndrome des jambes sans repos
Troubles psychiques
Troubles anxieux ; épisode dépressif ; trouble de stress post-traumatique
Causes médicales
Carence en fer ; trouble thyroïdien ; épilepsie ; traumatisme crânien
Autres troubles du neurodéveloppement (TND)
Troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA) ; trouble du développement intellectuel ; trouble du spectre de l’autisme (TSA)
Certains psychiatres libéraux ont une bonne connaissance du TDAH, ils posent des diagnostics et proposent généralement un accompagnement. Si vous n’avez pas de psychiatre traitant et que vous vous interrogez sur un éventuel TDAH vous trouverez des coordonnées sur Doctolib en tapant « Diagnostic TDA/TDAH ».
Si vous êtes suivi par un psychiatre, il est important de lui parler de votre questionnement sur le TDAH si vous en avez. Vous pouvez l’orientez vers le CR-TDAH. En effet, dans le cadre du CR-TDAH, des formations seront proposées aux médecins et psychologues d’Île-de-France ainsi que des sessions de supervision en visio-conférence afin d’aider les professionnels à affiner leur démarche diagnostique.
Selon ses compétences ou votre situation, votre médecin peut vous orienter vers un centre spécialisé, notamment dans la situation où d’autres troubles seraient présents et complexifieraient la démarche diagnostique et/ou thérapeutique.
À quoi sert un diagnostic posé à l’âge adulte ?
Un diagnostic posé à l’âge adulte peut permettre de :
- Mieux comprendre son fonctionnement
- Mettre du sens sur son parcours et ses difficultés
- Lever des doutes ou des questionnements
- Identifier l’impact réel des difficultés sur le quotidien
- Identifier des stratégies adaptées
- Accéder à des aménagements ou à des dispositifs de soutien
- Mettre en place un traitement médicamenteux
Article relu par le Dr. Hélène Vulser, mis à jour le 15 juin 2026
Pour en savoir plus
- [Note de cadrage] HAS, 2021. Trouble du neurodéveloppement/ TDAH : repérage, diagnostic et prise en charge des adultes
- [Article Web] Handiconnect, 2024. Trouble déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) : repérage et dépistage chez l’adulte
- [Article Web] TDAH diagnostic, 2025. Diagnostic TDAH adulte : comment savoir si vous êtes concerné ?
- [Article Web] HyperSupers, 2025. Diagnostic positif du TDAH chez l’adulte