Accompagnements chez l’adulte
Résumé de la page
- L’accompagnement du TDAH adulte est personnalisé et le plus souvent multimodal : il se construit avec la personne concernée et l’équipe qui la suit.
- Il associe, selon les situations, plusieurs approches complémentaires : la compréhension du trouble, les approches psychologiques, le traitement médicamenteux et les aménagements du quotidien.
- L’objectif est de réduire le retentissement des symptômes et d’améliorer le fonctionnement au quotidien et la qualité de vie.
Un accompagnement personnalisé : de quoi parle-t-on ?
Parler d’accompagnement « multimodal » signifie que plusieurs approches peuvent être proposées, seules ou en combinaison : il n’existe pas de protocole unique valable pour tous. Le choix dépend de chaque situation : la nature et l’intensité des difficultés, leur retentissement au quotidien, les éventuels troubles associés, mais aussi les préférences et le projet de vie de la personne.
Ces approches se définissent en concertation entre la personne concernée et les professionnels qui la suivent, le plus souvent au sein d’une équipe pluridisciplinaire (psychiatre, médecin généraliste, neurologue, médecin addictologue, psychologue clinicien, neuropsychologue, psychomotricien, orthophoniste…). L’accompagnement n’est pas figé : ses objectifs et ses moyens sont réévalués au fil du temps, en fonction de ce qui aide réellement.
Il n’y a pas qu’un seul bon parcours, mais des approches complémentaires qui s’ajustent à chaque situation et évoluent dans le temps.
Mieux comprendre son fonctionnement
Psychoéducation
La psychoéducation consiste à transmettre des connaissances fiables sur le TDAH afin d’aider la personne concernée et son entourage à mieux comprendre le trouble. Réalisée par un professionnel de santé formé au TDAH, en individuel ou en groupe, elle permet d’expliquer les mécanismes du TDAH, ses symptômes et leurs répercussions dans la vie quotidienne.
Chez l’adulte, qui a souvent déjà effectué ses propres recherches, elle ne se limite pas à informer, mais elle permet de :
- Replacer les connaissances dans un cadre fiable,
- Faire le lien entre les symptômes et les difficultés rencontrées au quotidien,
- Favoriser une meilleure compréhension du trouble par l’entourage.
Éducation thérapeutique du patient (ETP)
L’ETP s’inscrit dans le prolongement de la psychoéducation. Plutôt que de transmettre des solutions toutes faites, elle vise à identifier les besoins propres à chacun et construire des stratégies adaptées à sa situation. Centrée sur la personne, elle se déroule en plusieurs temps :
- Un bilan partagé pour définir les objectifs,
- Des séances individuelles ou en groupe sur des thèmes spécifiques,
- Un point sur ce qui a été mis en pratique.
Approches psychologiques
Un accompagnement psychologique, mené par un psychologique, peut faire partie intégrante de la prise en charge du TDAH chez l’adulte. Il a pour but d’aider la personne à mieux comprendre son fonctionnement et à développer des stratégies pour faire face aux difficultés rencontrées au quotidien. Il peut être proposé en individuel ou en groupe.
Aujourd’hui, les approches psychologiques les plus étudiées et les plus recommandées dans le TDAH adulte appartiennent au champ des thérapies cognitives et comportementales (TCC). Ce terme regroupe différentes approches, parmi lesquelles la TCC, la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), la thérapie comportementale dialectique (TCD) ou certaines approches basées sur la pleine conscience.
Ces approches partent des difficultés rencontrées dans la vie quotidienne afin de mettre en place des stratégies adaptées. Selon les besoins, le travail peut porter sur l’organisation, la gestion du temps, la planification, la procrastination, l’attention, la gestion des émotions, l’affirmation de soi ou les relations interpersonnelles par exemple. Il peut également concerner des difficultés fréquemment associées au TDAH, comme l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil ou les addictions.
Les thérapies cognitives et comportementales sont aujourd’hui les approches psychologiques les plus recommandées dans le TDAH adulte. Elles visent à développer des stratégies concrètes pour mieux gérer les difficultés du quotidien.
Traitements médicamenteux
Un traitement médicamenteux peut faire partie de la prise en charge du TDAH, mais il n’est pas systématique. La décision est prise au cas par cas avec un médecin, en fonction des symptômes, de leur retentissement dans la vie quotidienne, des éventuelles contre-indications et des préférences de la personne.
Chez l’adulte, les traitements médicamenteux disponibles en France reposent sur deux molécules : le méthylphénidate (Ritaline®, Concerta®, Medikinet®, Quasym®), disponible sous différentes formes à libération immédiate ou prolongée, et la lisdexamfétamine (Xurta®). Ils font partie des traitements les plus efficaces pour réduire les symptômes du TDAH, mais ils ne font pas disparaître le trouble. Ils peuvent être associés à d’autres formes d’accompagnement, notamment aux TCC.
Leur prescription est encadrée. Avant de débuter un traitement, un bilan médical est réalisé afin de rechercher d’éventuelles contre-indications, notamment cardiovasculaires. Un suivi régulier permet ensuite d’évaluer l’efficacité, d’ajuster la dose si nécessaire et de surveiller la tolérance.
Ces médicaments sont soumis à des règles de prescriptions particulières. Les ordonnances sont sécurisées et leur durée est limitée à 28 jours. Le médecin et le pharmacien expliquent les démarches à suivre lors de la mise en place du traitement.
- Télécharger le guide d’information sur le traitement par méthylphénidate – pdf, 240 ko
- Télécharger le mémo de l’Assurance Maladie – pdf, 872 ko
- Lire l’article Voyager à l’étranger avec ses médicaments – HyperSupers
Aménager son emploi et ses études
Le travail comme les études sont des environnements exigeants, où il faut souvent se concentrer longtemps, s’organiser, tenir des délais et composer avec la pression. Le TDAH peut y rendre certaines choses plus difficiles : rester concentré sur une tâche, gérer son temps, contenir son impulsivité ou faire face au stress. Ces difficultés varient d’une personne à l’autre, selon le poste et l’environnement. Dans bien des cas, des aménagements concrets permettent de les atténuer.
Au travail, ces aménagements visent à créer des conditions mieux adaptées au fonctionnement de la personne. Cela peut passer, par exemple, par un bureau plus calme, des pauses régulières, des consignes écrites, des horaires plus souples, du télétravail ou des outils numériques d’aide à l’organisation. Ils se discutent avec l’employeur ou avec le médecin du travail.
Pendant les études, des aménagements existent également. Dans l’enseignement supérieur, ils se demandent le plus souvent auprès du service ou de la mission handicap de l’établissement. Ils peuvent concerner, par exemple, le déroulement des examens, comme un temps supplémentaire, l’aide à la prise de notes ou une organisation pédagogique adaptée.
Lorsque les difficultés pèsent de façon importante sur l’emploi ou les études, il est possible de se tourner vers la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Celle-ci peut notamment attribuer la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), qui facilite l’accès à certains dispositifs favorisant l’entrée ou le maintien dans l’emploi. Elle peut aussi ouvrir la voie à un accompagnement spécialisé, par des structures comme Cap Emploi, l’AGEFIPH, le FIPHFP ou dans le cadre d’un dispositif d’emploi accompagné (job coach).
Les démarches auprès de la MDPH sont personnelles et confidentielles.
Une personne bénéficiant d’une RQTH n’est pas tenue d’en informer son employeur.
S’entourer et échanger
Vivre avec un TDAH peut parfois s’accompagner d’un sentiment d’isolement, d’incompréhension ou de décalage avec les autres. Échanger avec des personnes qui rencontrent des difficultés similaires, ou avec son entourage, permet souvent de se sentir moins seul et des partager des expériences, des conseils et des stratégies utiles au quotidien.
Les groupes de parole et la pair-aidance offrent un espace d’écoute et de soutien mutuel, animé par des pairs formés ou par des professionnels, au sein d’associations ou en ligne. Les associations de patients jouent un rôle précieux : elles informent, orientent et accompagnent les personnes concernées et leurs proches.
Article relu par Dr. Hélène Vulser, mis à jour le 12 juin 2026
Pour en savoir plus
- [Publication] HAS, 2021. Haute Autorité de Santé – Trouble du neurodéveloppement/ TDAH : Repérage, diagnostic et prise en charge des adultes – Note de cadrage
- [Site internet] TDAH Âge Adulte. TDAH Âge Adulte : vivre avec
- [Site internet] Mon Parcours Handicap. Droits, aides et démarches des personnes handicapées | Mon Parcours Handicap
- [Site internet] EBI-ADHD (en anglais). EBI-ADHD: Interventions for ADHD | Evidence Matrix